27 mars 2012
Front uni de toutes les couches sociales victimes des régressions sociales
Depuis plusieurs décennies, toutes les couches travailleuses subissent de plein fouet les attaques du néolibéralisme. Menées conjointement avec une guerre des idées, et profitant du désarroi provoqué par les événements du début de la décennie 1990, celles-ci ont provoqué une désorganisation inouïe dans le mouvement social. Profitant du reflux des mouvements politiques de la classe ouvrière, une offensive d’une intensité inégalée est menée au niveau international contre tous les acquis sociaux historiques des travailleurs. Pendant la même période le droit de grève, le droit de syndicalisation, les libertés les plus élémentaires ont également été l’objet de restrictions. Par ailleurs, les syndicalistes, les pauvres, les chômeurs, les jeunes et les immigrés ont été constamment incriminés et accusés d’être irresponsables, fainéants, voleurs, terroristes, « cancers de la société », des assistés, des incapables etc… Toute contestation est constamment et immédiatement criminalisée.
Il y a eu évidemment des résistances sociales fortes et exemplaires. Ce n’est pas dans tous les pays qu’on voit près de 3 millions de personnes battre le pavé pour contrer la contre-réforme des retraites. Ce mouvement a incontestablement limité la casse sociale et Sarkozy lui-même reconnaît que l’âge du départ à la retraite ne doit pas se limiter à 62, mais monter à terme, à l'instar de l’Allemagne, à 67 ans. Si ce gouvernement au service des plus riches ne peut se permettre de faire voter d’amblée ces 67 ans, c’est justement grâce à cette résistance sociale.
Cependant, le mouvement n’est pas en mesure actuellement de refouler et de riposter contre ces attaques du néolibéralisme. Sans une perspective politique claire de dénonciation du néolibéralisme et de rupture politique avec celui-ci ; sans une convergence de l’ensemble de nombreuses luttes et résistances qui se mènent et s’organisent au quotidien ; sans une défense intransigeante de toutes les revendications les plus légitimes de toutes les classes sociales populaires victimes de ses attaques tous azimuts, sans un front des forces de transformation sociale, il n’est pas possible, selon nous, de refouler les attaques et de conquérir de nouveaux droits.
Défendre les intérêts de toutes les couches populaires
La crise de 2008 a permis de montrer clairement pour de très larges couches populaires que les gouvernements, dont celui de Sarkozy, sont au service exclusif des riches. D’un côté, ils attaquent les droits à l’éducation, à la santé, à la retraite, etc.. au prétexte que les « caisses de l’État sont vides », de l’autre ils continuent de distribuer des milliards aux plus riches du pays. Alors que toutes les classes populaires sont frappées par une paupérisation et que leurs pouvoirs d’achat dégringolent, les riches de ce pays ont continué à s’enrichir et s’engraisser davantage. Les gouvernements demandent sans cesse des sacrifices à travers des plans d’austérités successifs, mais ce sont toujours les mêmes qui les paient.
On entend toujours les mêmes rengaines pour légitimer les attaques contre le monde du travail : « baisser le coût du travail ». Tous les prétextes sont bons pour intensifier l’exploitation du travail. Les conséquences sont terribles pour des millions de travail. Cette politique néolibérale suivie depuis des décennies par des gouvernements successifs, avec une cadence accélérée par Sarkozy depuis cinq ans, n’ont provoqué que de chômage, plus d’exploitations, plus de précarités, plus de pauvretés, plus de misères, plus d’inégalités, etc… Alors, nous disons ça suffit ! Le néolibéralisme n’a pas d’avenir. Bien au contraire, les Sarkozy veulent revenir aux conditions d’existence et du travail de XIXe siècle.
La rupture politique et la lutte contre le néolibéralisme sont devenues une nécessité pour des millions de personnes. Il est de la responsabilité des forces progressistes de proposer un front cohérent capable de rassembler et de refouler les attaques politiques, économiques et idéologiques du néolibéralisme. Il faut proposer un plan d’action en prenant en compte toutes les revendications les plus urgentes et légitimes de toutes les couches populaires, des travailleurs, des jeunes, des femmes, des immigrés afin de pouvoir converger toutes les résistances pour une autre société.
La rupture doit se faire avec le néolibéralisme et pas seulement avec Sarkozy
Une telle dynamique ne peut évidemment pas se contenter des élections présidentielles. Un front constitué exclusivement en vue des élections aboutira inévitablement à une débandade et un repli du mouvement social. Les conséquences seront désastreuses pour le mouvement social. Il faut certes incontestablement chasser les Sarkozy, cependant l’ennemi n’est pas l’individu, mais le système politique qu’il a si bien personnifié depuis au moins 5 ans. C’est un programme politique alternatif qu’il convient de défendre et de propager dans les couches populaires. Un programme politique et économique alternatif réaliste qui met l’homme au centre de ses préoccupations et qui réponde aux attentes des classes populaires peut provoquer une dynamique et un enthousiasme populaire capable de refouler toutes les attaques. D’autant plus, s’il est défendu et propagé par la majorité des forces de transformations sociales du pays. Le mouvement social et les résistances des travailleurs seront immanquablement renforcés.
Il ne faut donc pas se tromper de cible. Les Sarkozy sont au service d’une politique, et c’est contre celle-ci que nous devons nous battre. Quelque soit le future président, on ne peut donc donner aucun chèque blanc à un candidat qui ne satisfait pas les revendications les plus urgentes et les plus élémentaires des travailleurs et des couches populaires. Bien au contraire, si le mouvement social ne s’amplifie pas au lendemain du 6 mai, la majorité des régressions sociales de Sarkozy ne seront que consolidées. Alors, il est plus que jamais déterminant d’amplifier l’idée de rupture politique avec le néolibéralisme durant cette période où tous ceux qui subissent de pleine fouet ces politiques de régressions sociales, sont plus attentifs aux programmes politiques et électorales. Un front commun composé des forces de transformation sociale ne peut que renforcer ce message et impulser une dynamique sociale et politique. Menée à tambour battant, sans relâche et collectivement, une campagne électorale menée par les forces de transformation sociale peut inéluctablement permettre aux travailleurs, aux couches populaires et aux jeunes de prendre massivement conscience de leur propre force et surtout de celle des néolibéraux, de vaincre une certaine idée de fatalisme défaitiste, de comprendre une réalité politique du fonctionnement du système capitaliste et l’idée que l’unité des travailleurs et la solidarité des peuples est une force invincible.
Lutter pour une meilleure société
Durant cette période de campagne électorale, l’objectif premier de notre fédération sera de défendre l’unité des travailleurs français et immigrés. Cependant, cet objectif ne se limite pas à cette période et nous savons que sans nous battre en permanence et sans un front capable de riposter, il n’est pas possible de construire une meilleure société. La lutte et l’organisation de cette mobilisation commune, la convergence de toutes les luttes qui se déroulent au quotidien doivent donc primer sur les divergences entre différentes organisations qui luttent contre le néolibéralisme ou ses conséquences. La division du mouvement des travailleurs et syndical, d’abord entre eux, et ensuite avec le mouvement de la jeunesse est un grave handicap social qui permet au néolibéralisme de faire justement passer ses contre-réformes. C’est l’unité du mouvement social qu’il faut défendre et pour laquelle il faut se battre sans cesse.
Seule une telle unité peut provoquer un dynamisme social capable de riposter contre les attaques politiques et économiques. L’exemple du 29 mai 2005 est toujours là pour montrer qu’avec une telle unité, il possible de remporter des batailles. Mais cette victoire montre qu’il faut être capable de défendre clairement les revendications de toutes les couches populaires, qu’il faut un front et une unité de principe, qu’il faut être capable de dépasser le cadre limité d’une campagne électorale, qu’il faut s’appuyer sur les couches populaires afin d’assurer l’unité non de quelques organisations, mais du mouvement social et des travailleurs.
Parce que le Front de gauche est composé des principales forces de transformation sociale, se lie tous les jours davantage aux travailleurs, fait une propagande constante contre le néolibéralisme et ses conséquences, participe à chaque grève et à chaque mouvement social, fait l’écho de chaque revendication des masses, il nous semble capable de renforcer le mouvement social, y compris après les élections,
Parce qu’en cette période où les couches populaires et les jeunes observent le programme des candidats et cherchent majoritairement une alternative politique afin de battre Sarkozy, le Front de Gauche s’impose comme un pôle antilibéral fort capable de délivrer un message politique,
Parce que le programme de Front de gauche contient les revendications les plus urgentes des couches populaires et des jeunes,
Parce que cette lutte doit continuer après les élections quelque soit le futur gouvernement et que les forces composantes ont clairement déclaré que ce bloc ne se limite pas aux cadres électoraux étroits,
La Fédération des Associations des Travailleurs et des Jeunes (DIDF) appelle à mener la lutte avec les forces du Front de gauche et à voter massivement pour ses candidats pour les élections à venir.
Fait à Paris, le 20 février 2012.
DIDF-France
www.didf-france.fr
didf.france@gmail.com
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